Santé cardiovasculaire

Insuffisance cardiaque

Les faits

L'insuffisance cardiaque (IC), aussi connue sous le nom d'insuffisance cardiaque congestive (ICC), survient lorsque le cœur ne peut plus pomper le sang normalement. Par conséquent, il n'y a plus suffisamment de sang pour fournir de l'oxygène et des nutriments aux organes du corps. L'expression « insuffisance cardiaque » ne signifie pas que le cœur cesse complètement de battre, mais que le cœur ne travaille pas de façon aussi efficace qu'à la normale.

Les IC touchent plus de 6 millions de personnes en Amérique du Nord et constituent l'une des causes les plus communes d'hospitalisation chez les personnes de plus de 65 ans. Environ 600 000 Canadiens sont atteints d'insuffisance cardiaque.

Les hommes sont exposés à des risques légèrement accrus par rapport aux femmes. Chez les personnes d'origine africaine, les risques sont beaucoup plus élevés que chez les personnes d'ascendance européenne, et les risques de décès sont en outre plus importants.

Les insuffisances cardiaques entraînent principalement deux problèmes :

  • l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection ventriculaire réduite (ICFEVr), auparavant désignée dysfonction systolique, survient lorsque le cœur n'a plus la force de pomper suffisamment de sang pour répondre aux besoins de l'organisme.
  • l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection ventriculaire préservée (ICFEVp), auparavant désignée dysfonction diastolique, apparaît lorsque les parois du cœur n'ont pas la souplesse nécessaire à la relaxation propice au remplissage sanguin des cavités

De nombreuses personnes souffrent à la fois d'une insuffisance cardiaque à FEVr (systolique) et à FEVp (diastolique).

Causes

Les IC s'expliquent généralement par d'autres troubles de santé :

  • la maladie coronarienne (une affection entraînant un rétrécissement des artères qui approvisionnent le cœur en sang) peut endommager et affaiblir certaines parties du cœur;
  • la valvulopathie (une atteinte des valvules du cœur), qui peut être due à une anomalie présente à la naissance ou s'être manifestée au fil du temps, peut affaiblir le cœur;
  • l'hypertension artérielle persistante force le cœur à pomper le sang contre une pression plus élevée dans les vaisseaux sanguins, ce qui finit par affaiblir le cœur;
  • les crises cardiaques endommagent le muscle cardiaque. Les personnes qui ont souffert d'une crise cardiaque sont exposées à des risques 5 fois plus importants de présenter une IC;
  • le diabète accroît également les risques d'IC;
  • l'arythmie (un trouble du rythme cardiaque) peut empêcher le cœur de pomper le sang de manière efficace et affaiblit le cœur au fil du temps, en particulier si les battements cardiaques sont trop rapides;
  • les valvules cardiaques peuvent avoir été endommagées par une affection rhumatismale ou une infection;
  • une infection du muscle cardiaque peut affaiblir gravement le cœur. À titre d'exemple, un virus peut infecter le muscle cardiaque ou la maladie rhumatismale peut endommager les valvules;
  • une hypertrophie (une augmentation du volume) de la paroi entre les cavités du cœur (un trouble d'origine génétique) peut empêcher le cœur de fonctionner normalement;
  • des maladies rénales entraînant une hausse de la pression artérielle et provoquant l'accumulation de sang peuvent augmenter les risques d'IC, car elles soumettent le cœur à une plus grande pression.
  • l'emploi de drogues illicites telle la cocaïne peut affaiblir considérablement le cœur;
  • la consommation excessive d'alcool à long terme peut affaiblir le cœur.

En outre, tous les facteurs qui accroissent normalement les risques de maladie cardiaque, par exemple le tabagisme, le diabète et l'obésité, augmentent les risques d'insuffisance cardiaque.

Symptômes et complications

L'apparition des symptômes d'IC peut être retardée pendant des années. Ce phénomène s'explique par le fait que le cœur cherche à compenser l'inefficacité du pompage du sang de trois façons :

  1. la dilatation (grossissement) afin d'accroître le volume du pompage;
  2. l'ajout de nouveaux tissus musculaires pour accroître la force du pompage;
  3. l'accélération du rythme cardiaque.

Au fur et à mesure que le cœur accroît les mécanismes de compensation, un certain nombre de phénomènes surviennent et peuvent entraîner des symptômes. Le cœur ne peut fonctionner suffisamment pour pomper le sang dans tout l'organisme et assurer son retour au cœur. Le sang est donc refoulé par la suite dans les jambes et les poumons où il s'accumule. Cela entraîne un gonflement visible des chevilles et des jambes ainsi qu'un essoufflement.

Les symptômes les plus courants des IC sont les suivants :

  • des difficultés respiratoires pendant la nuit ou en position couchée;
  • une toux et la respiration sifflante;
  • de la fatigue et de la faiblesse;
  • un essoufflement;
  • une enflure des chevilles.

Voici d'autres symptômes des IC :

  • des douleurs abdominales, un ballonnement ou une perte d'appétit;
  • une accumulation de liquide dans l'abdomen;
  • l'apparition d'une coloration bleue autour de la bouche;
  • une constipation;
  • une pâleur de la peau et un refroidissement de l'extrémité des membres;
  • une émission de l'urine fréquente la nuit.

Diagnostic

Le médecin peut soupçonner une IC chez les personnes qui présentent les symptômes indiqués plus haut et souffrent de l'un des troubles qui accroissent les risques d'apparition de cette maladie. Votre médecin vous examinera afin de vérifier si vos jambes sont enflées ou s'il y a du sang dans vos poumons.

Le médecin peut également demander un examen en vue de déterminer dans quelle mesure le cœur peut pomper le sang. Votre médecin peut vous envoyer passer des analyses sanguines et d'urine, un électrocardiogramme (ECG) ou une radiographie des poumons qui révélera l'excès de liquide dans les poumons. Une échocardiographie (échographie du cœur) contribuera au diagnostic d'une insuffisance cardiaque. Elle indiquera aussi au médecin quelle proportion du sang contenu dans votre cœur est en fait propulsée vers le reste de l'organisme. Cette proportion est appelée la fraction d'éjection.

Traitement et prévention

Tous les traitements contre l'IC doivent être réalisés sous la supervision d'un médecin. Ce trouble est généralement traité en assurant une modification des habitudes de vie et par la prise de médicaments. Les personnes qui souffrent d'IC doivent généralement modifier de la façon suivante leurs habitudes de vie :

  • réduire la consommation de liquides – il est souvent nécessaire de se peser tous les jours afin d'équilibrer sa consommation de liquide et sa prise de médicaments;
  • rester actif, en restant cependant loin du seuil de déclenchement des symptômes d'IC;
  • réduire la prise de sodium (de sel). Si possible, viser 2 grammes par jour ou moins – et encore moins (1,5 g) si vous faites aussi de l'hypertension artérielle. La réduction de la consommation de sel diminue la rétention des liquides;
  • porter des bas élastiques spéciaux afin de réduire l'enflure des jambes provoquée par la rétention des liquides;
  • adopter un programme approprié de perte de poids pour les personnes qui en ont besoin.

L'insuffisance cardiaque peut être traitée à l'aide des médicaments suivants :

  • inhibiteurs de l'ECA (par ex. l'énalapril*, le lisinopril) élargissent les vaisseaux sanguins, ce qui facilite l'écoulement du sang et rend le travail du cœur plus facile ou plus efficace;
  • antagonistes des récepteurs de l'angiotensine (ARA tels que le valsartan et le candésartan) peuvent servir à remplacer les inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine, lorsque leur utilisation est impossible, ou parfois à les compléter;
  • certains bêta-bloquants (par ex. le métoprolol, le carvédilol, le bisoprolol) contribuent à améliorer la fonction cardiaque;
  • des inhibiteurs des récepteurs de l'angiotensine et de la néprilysine (ARNI, par ex. le sacubitril avec le valsartan) forment l'association d'un ARA à une nouvelle classe de médicaments, les inhibiteurs de la néprilysine, pour dilater les vaisseaux sanguins et améliorer l'efficacité du cœur;
  • antagonistes de l'aldostérone (par ex. l'éplérénone, la spironolactone) agissent en bloquant les effets de l'aldostérone soupçonnée d'aggraver une IC, et en permettant à l'organisme d'éliminer le sel et l'eau excédentaires. Leur action peut aussi concourir à diminuer le risque de mort pour certaines personnes atteintes d'insuffisance cardiaque et qui ont des antécédents de crise cardiaque.
  • la digoxine accroît l'efficacité du pompage du sang par le cœur;
  • diurétiques (par ex. le furosémide, l'hydrochlorothiazide) contribuent à éliminer les excès de sel et d'eau dans l'organisme.
  • l'hydralazine et les nitrates (par ex. le dinitrate d'isosorbide, le timbre de nitroglycérine) peuvent être utiles à la place des inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine ou des ARA lorsqu'on ne peut les utiliser, ou parfois en plus d'autres traitements quand certains symptômes sont toujours présents.

Le médecin peut prescrire ces médicaments, généralement en association, afin de traiter l'IC. Dans certains cas, une intervention chirurgicale (par ex. celle effectuée pour implanter un stimulateur cardiaque) pourrait s'avérer nécessaire pour améliorer la fonction cardiaque.

Il n'est pas toujours possible de prévenir l'IC, mais vous pouvez prendre plusieurs mesures pour diminuer votre risque. Il importe notamment de maintenir une bonne santé cardiaque, ce qui contribue à éviter les crises cardiaques, les accidents vasculaires et les troubles coronariens. Voici quelques conseils à ce sujet :

  • maintenir la pression artérielle à un niveau approprié;
  • maintenir une alimentation saine;
  • faire de l'exercice physique;
  • maintenir la concentration de sucre dans le sang à un niveau approprié (plus particulièrement en cas de diabète);
  • maintenir les niveaux de cholestérol à des seuils appropriés;
  • cesser de fumer;
  • réduire la consommation d'alcool.